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Ouvrir un salon de coiffure en 2026 : étapes, budget et statut

Ouvrir un salon de coiffure en 2026 : étapes, budget et statut

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Par
Walid DAMI
|
Publié en
10/2026
|
10 min
de lecture

Vous voulez ouvrir un salon de coiffure et vous lisez partout des réponses contradictoires sur le diplôme, le budget ou le statut. Cet article reprend les règles en vigueur en 2026, sources officielles à l'appui : la qualification exigée, un rétroplanning sur six mois, un budget chiffré en hors taxes, les aides au démarrage et les conséquences concrètes du choix de statut.

En bref : pour ouvrir un salon de coiffure, comptez environ six mois de préparation et 45 000 € HT pour une création dans un local nu. Vérifiez d'abord la qualification (BP, BM, trois ans d'expérience attestés par la CMA ou salarié qualifié présent en permanence), puis sécurisez le local, le financement et le statut.

Ouvrir un salon de coiffure en 2026 : étapes, budget et statut

Qui peut ouvrir un salon de coiffure ?

La coiffure est une activité artisanale réglementée. Le salon doit être placé sous le contrôle effectif et permanent d'une personne qualifiée : titulaire du BP ou du BM coiffure, d'un diplôme de niveau égal ou supérieur inscrit au RNCP (bac pro, BTS Métiers de la coiffure), ou de trois ans d'expérience attestés par la chambre de métiers (articles R. 121-2 à R. 121-4 du Code de l'artisanat). Le CAP seul permet la coiffure à domicile, pas le contrôle d'un salon.

Le créateur n'a pas besoin d'être lui-même qualifié : la personne qualifiée peut être le dirigeant, son conjoint collaborateur ou un salarié présent pendant les heures d'ouverture. Quant à la « nouvelle loi » de 2023, il s'agit d'une recodification qui n'a pas supprimé l'exigence de qualification. Tous les cas (CAP, sans BP, diplôme étranger, barber shop, salon ambulant) sont détaillés dans notre article quel diplôme pour ouvrir un salon de coiffure.

Les étapes pour ouvrir son salon de coiffure : le rétroplanning

Le calendrier dépend surtout du local. Si des travaux sont nécessaires, l'autorisation de travaux pour un établissement recevant du public (ERP) est instruite en quatre mois. C'est souvent elle qui fixe la date d'ouverture. Ce délai court à partir du dépôt d'un dossier complet : si la mairie réclame une pièce manquante, il est suspendu jusqu'à sa réception. Pendant l'instruction, les commissions de sécurité incendie et d'accessibilité rendent leur avis. Sans réponse de la mairie au bout des quatre mois, l'autorisation est réputée accordée (Service-Public).

QuandÉtapeInterlocuteur
M-6Vérifier la qualification ; demander l'attestation d'expérience si besoinChambre de métiers (CMA)
M-6 à M-5Étude de marché locale (concurrence, prix pratiqués, flux) et prévisionnel sur 3 ansExpert-comptable
M-5Offre sur un local avec clauses suspensives (obtention du prêt, de l'autorisation de travaux)Bailleur ou cédant, avocat ou notaire
M-5 à M-4Dossier de financement : banque, prêt d'honneur, aidesBanques, réseaux de prêt d'honneur
M-4Dépôt de l'autorisation de travaux ERP (Cerfa n° 13824) ; déclaration préalable pour la façade et l'enseigneMairie
M-4 à M-1Signature du bail, travaux, commande du mobilierBailleur, artisans, fournisseurs
M-1Immatriculation sur le guichet unique (au plus tôt un mois avant le début d'activité, au plus tard 15 jours après) ; compte bancaire professionnelGuichet des formalités des entreprises, banque
M-1Assurances, caisse, SACEM, affichage des prix ; embauche et DPAE si vous recrutezAssureur, éditeur, Urssaf
Ouverture + 60 joursDate limite pour demander l'ACREUrssaf

Deux points méritent une attention particulière. D'abord, la destination du local : le bail doit autoriser une activité de coiffure, et le règlement de copropriété ne doit pas l'interdire. Ensuite, les clauses suspensives : sans elles, vous pouvez vous retrouver à payer un loyer pour un local que vous n'avez pas le droit d'aménager ou que vous ne parvenez pas à financer.

Quel budget pour ouvrir un salon de coiffure, et comment le financer ?

Création dans un local nu

L'exemple ci-dessous correspond à un salon d'environ 50 m² avec trois postes de coiffage et deux bacs, dans une ville moyenne. Les montants sont des hypothèses à adapter à votre projet.

Poste (montants HT)Montant
Dépôt de garantie du bail (3 mois de loyer à 1 000 €)3 000 €
Travaux : plomberie des bacs, électricité, sol, peinture, accessibilité15 000 €
Mobilier : fauteuils, bacs, coiffeuses, accueil8 000 €
Petit matériel : sèche-cheveux, tondeuses, ciseaux, stérilisation2 000 €
Stock initial (produits techniques et revente)2 500 €
Caisse, terminal de paiement, réservation en ligne1 000 €
Enseigne et communication de lancement2 000 €
Formalités et création de la société600 €
Assurances (première année)800 €
Trésorerie de démarrage (environ 3 mois de charges fixes)10 000 €
Total44 900 €

À titre de repère, les packs de mobilier complets vendus par un grossiste spécialisé vont de 1 872 € à 25 570 € selon la gamme (prix relevés en 2026 chez Mobicoiff). Le poste « travaux » varie le plus : un ancien salon déjà équipé de bacs et d'arrivées d'eau peut diviser ce montant par deux ou trois.

Le piège de la TVA. Vous payez vos travaux et votre matériel TTC. Une entreprise soumise à la TVA récupère les 20 %. En franchise en base de TVA, vous ne récupérez rien : sur les 27 000 € HT de travaux, mobilier, matériel et enseigne de l'exemple, cela représente 5 400 € de coût supplémentaire. C'est l'un des critères du choix de statut (voir plus bas).

Reprise d'un salon existant

Une reprise apporte une clientèle et un local déjà aménagé, mais le prix du fonds pèse sur le financement. En 2024, un salon de coiffure s'est vendu en moyenne 62 153 € (UNEC, chiffres clés). L'Observatoire FIDUCIAL 2026 estime la valeur d'un fonds à environ 22 % du chiffre d'affaires TTC.

À ce prix s'ajoutent les droits d'enregistrement de la cession (article 719 du CGI) : 0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % de 23 000 à 200 000 €, 5 % au-delà. Pour un fonds à 62 153 €, ils s'élèvent à 1 175 €. Prévoyez aussi les honoraires de rédaction de l'acte, le dépôt de garantie, le stock, une remise au goût du jour et la trésorerie. Pour savoir si le chiffre d'affaires du salon couvre ces remboursements, voyez notre article sur la rentabilité d'un salon de coiffure.

Les financements possibles

  • Apport personnel : il conditionne le prêt bancaire et se présente dans le plan de financement de votre prévisionnel.
  • Prêt bancaire professionnel : il finance les travaux, le matériel ou le fonds, sur la base de votre prévisionnel.
  • Prêt d'honneur : prêt personnel à taux zéro et sans garantie, accordé par des réseaux comme Initiative France ou Réseau Entreprendre. Il renforce l'apport et facilite l'accord de la banque.
  • ACRE : exonération partielle de cotisations sociales pendant 12 mois. Elle a été réduite par le décret n° 2026-69 du 6 février 2026 : l'exonération est plafonnée à 25 % pour les créations depuis le 1er janvier 2026 et, pour les micro-entrepreneurs, à 25 % du taux normal depuis le 1er juillet 2026. La demande doit être faite dans les 60 jours suivant le début d'activité.
  • ARCE : si vous percevez l'allocation chômage, vous pouvez recevoir 60 % de vos droits restants en capital, versés en deux fois : la moitié au démarrage, l'autre moitié six mois plus tard (Service-Public). L'autre option consiste à cumuler chaque mois une partie de l'allocation avec vos revenus.

Quel statut juridique choisir pour son salon de coiffure ?

Contrairement à ce qu'affirment certains guides, la micro-entreprise est possible en salon, pas seulement pour la coiffure à domicile. Elle n'est pas toujours adaptée pour autant.

Le cas d'un coiffeur seul en salon. Au rythme moyen du secteur, mesuré par l'UNEC à 277 € TTC par actif et par jour, un coiffeur seul produit environ 50 800 € HT par an sur 220 jours. Il reste sous le plafond de la micro-entreprise de 83 600 € pour les prestations de services en 2026. En revanche, il dépasse le seuil de franchise en base de TVA de 37 500 €, et le seuil majoré de 41 250 € en cours d'année : il doit facturer la TVA dès le jour du dépassement (Service-Public, franchise en base de TVA). Pour garder le même revenu, ses prix doivent intégrer ces 20 %.

Ce que coûtent les cotisations en micro-entreprise. Elles s'élèvent à 21,2 % du chiffre d'affaires, plus 0,3 % de contribution à la formation des artisans, soit 21,5 %. Sur 50 800 €, cela représente 10 922 €, quels que soient le loyer et les autres charges. Si le salon supporte 25 000 € de charges, ces cotisations absorbent 42 % des 25 800 € qui restent. Sur le plan fiscal, l'abattement forfaitaire de 50 % ne correspond pas non plus à la réalité d'un salon : chez FIDUCIAL, le résultat d'un salon à l'impôt sur le revenu représente 21 % de son chiffre d'affaires, ce qui signifie que les charges en absorbent 79 %.

StatutAdapté si…Points de vigilance
Micro-entrepriseActivité seule, charges faibles (location de fauteuil, petit local), CA modesteCotisations sur le CA, charges non déductibles, TVA non récupérable en franchise, plafond de 83 600 €
Entreprise individuelle au réelCoiffeur seul avec un vrai local et des investissementsComptabilité complète ; option possible pour l'impôt sur les sociétés
EURL ou SARLSalon avec salariés, associé familial, recherche de cotisations plus faiblesGérant majoritaire non salarié (sécurité sociale des indépendants) ; annonce légale de constitution : 124 € (EURL) ou 148 € (SARL) HT
SASU ou SASAssociés multiples, entrée d'investisseurs, préférence pour le statut d'assimilé salariéCotisations plus élevées sur la rémunération ; annonce légale : 142 € (SASU) ou 199 € (SAS) HT

Pour aller plus loin : SARL ou SASU, comment choisir et auto-entrepreneur ou SASU.

Les obligations à respecter dès l'ouverture

  • Affichage des prix TTC à trois endroits : en vitrine, à l'intérieur près de la caisse et sur une carte consultable. Au moins 10 prestations dans un salon non mixte, 20 dans un salon mixte, avec le détail des forfaits.
  • Note au client obligatoire au-delà de 25 € ou à sa demande, en deux exemplaires, dont un conservé deux ans. Depuis le 1er août 2023, le ticket de caisse n'est plus imprimé systématiquement, sauf si le client le demande.
  • Caisse sécurisée dès que vous êtes redevable de la TVA : le logiciel ou système de caisse doit garantir l'inaltérabilité, la sécurisation, la conservation et l'archivage des données. Depuis le 21 février 2026, la conformité se prouve par le certificat d'un organisme accrédité ou par l'attestation individuelle de l'éditeur, rétablie par la loi de finances pour 2026. À défaut, l'amende est de 7 500 € par système. En franchise en base de TVA, l'obligation ne s'applique pas.
  • Factures électroniques : depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise doit pouvoir recevoir les factures de ses fournisseurs via une plateforme agréée ; l'émission et la transmission des données de vos ventes aux particuliers (e-reporting) suivront au plus tard le 1er septembre 2027.
  • Sécurité et accessibilité : en tant qu'ERP, le salon doit respecter les règles incendie, tenir un registre de sécurité et être accessible aux personnes à mobilité réduite, sauf dérogation accordée.
  • Musique : déclaration à la SACEM et redevance annuelle, sauf si vous diffusez une musique libre de droits.
  • Si vous embauchez : déclaration préalable à l'embauche, contrat de travail, registre du personnel, document unique d'évaluation des risques et application de la convention collective de la coiffure (IDCC 2596).

Pour organiser la caisse, les justificatifs et le suivi mensuel dès le premier jour, consultez notre guide sur la gestion et la comptabilité d'un salon de coiffure.

FAQ sur l'ouverture d'un salon de coiffure

Peut-on ouvrir un salon de coiffure chez soi ?

Recevoir des clients dans son logement relève de la coiffure en salon, et non de la coiffure à domicile, qui consiste à se déplacer chez les clients. La qualification exigée pour un salon s'applique donc. Votre logement devient en outre un établissement recevant du public, soumis aux règles de sécurité et d'accessibilité. Vérifiez aussi que votre bail ou votre règlement de copropriété autorise l'accueil de clientèle.

Combien de temps faut-il pour ouvrir un salon de coiffure ?

Comptez environ six mois entre l'étude du projet et l'ouverture. L'étape la plus longue est souvent l'autorisation de travaux du local, instruite en quatre mois. Une reprise sans travaux peut être plus rapide.

Quel est le code APE d'un salon de coiffure ?

Le code APE d'un salon de coiffure est le 96.02A. Il deviendra le 96.21G en 2027, avec l'entrée en vigueur de la nouvelle nomenclature d'activités. L'Insee l'attribue automatiquement lors de l'immatriculation.

Ce qu'il faut retenir

  • Commencez par la qualification : BP, BM, diplôme équivalent ou trois ans d'expérience attestés par la CMA. Sans elle, il vous faut une personne qualifiée présente à chaque ouverture.
  • Faites dépendre la signature du bail de l'obtention de votre prêt et de l'autorisation de travaux, et prévoyez quatre mois pour cette dernière.
  • Choisissez votre statut à partir d'un prévisionnel chiffré en HT : la TVA, le niveau de charges et le seuil de franchise pèsent plus que les idées reçues.

Le cabinet Asendens accompagne les futurs gérants de salon dans leur prévisionnel et leur business plan, le choix du statut et les formalités de création d'entreprise. Découvrez notre accompagnement comptable pour les salons de coiffure ou prenez rendez-vous.

Article rédigé par Walid Dami, expert-comptable, mis à jour le 26 octobre 2026.

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