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TVA sur le transport de marchandises

TVA sur le transport de marchandises

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Par
Walid DAMI
|
Publié en
10/2026
|
9 min
de lecture

Une prestation de transport de marchandises imposable en France relève en principe du taux normal de TVA de 20 %. Mais avant d’appliquer ce taux, le transporteur doit déterminer où la prestation est imposable et vérifier si une exonération peut s’appliquer.

Le traitement dépend du statut du client et de son pays d’établissement. Dans certains cas, il dépend aussi du lien du transport avec une importation ou une exportation.

Pour un transporteur français, quelques situations reviennent fréquemment :

  • client professionnel établi en France : TVA française de 20 % ;
  • client professionnel établi dans un autre État membre de l’UE : facture HT avec autoliquidation ;
  • client professionnel établi hors UE : pas de TVA française ;
  • transport directement lié à une exportation ou à une importation : exonération possible, sous conditions.
TVA sur le transport de marchandises

Simulateur de TVA sur le transport de marchandises

Répondez à quelques questions sur votre client et votre opération pour identifier le traitement TVA applicable à votre prestation de transport : TVA à 20 %, autoliquidation, absence de TVA française ou exonération potentielle.

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Lorsqu’une prestation de transport de marchandises, notamment routier, est imposable en France et qu’aucune exonération ne s’applique, le taux de TVA est le taux normal de 20 %. Le taux réduit de 10 % concerne le transport de voyageurs, pas celui des marchandises.

Avant de calculer la taxe, l’entreprise doit donc examiner :

  • la territorialité de la prestation ;
  • le statut du client et son pays d’établissement ;
  • l’éventuelle application d’une exonération.
Simulateur TVA

Quelle TVA appliquer à votre transport de marchandises ?

Répondez à quelques questions pour obtenir le traitement TVA de principe, les mentions de facture et les principaux points de vigilance.

Périmètre V1 : transporteur établi en France métropolitaine hors Corse et outre-mer, prestations de transport de marchandises.

Important : ce simulateur fournit une orientation générale à partir des informations saisies. Il ne constitue ni un conseil fiscal personnalisé, ni une prise de position opposable à l'administration. Certaines situations nécessitent une analyse des contrats, des justificatifs, du régime douanier et du lieu exact d'établissement du client. En cas de doute, faites valider le traitement avant facturation. Références vérifiées le 22/10/2026 : CGI art. 259, 259 A, 262 et 278 ; BOFiP BOI-TVA-CHAMP-20-50-40-10 et BOI-TVA-CHAMP-20-60-20 ; impots.gouv.fr "Prestations entre assujettis". Une mise à jour des références est à prévoir au 01/01/2027 avec la recodification de la TVA dans le CIBS.

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Sur quelle base calculer la TVA ?

La TVA est calculée sur le prix de la prestation, frais accessoires compris. Les péages, la surcharge gazole ou le temps d’attente refacturés au client sont en principe compris dans la base d’imposition lorsqu’ils constituent des compléments du prix de la prestation. Ils suivent alors le même traitement TVA que le transport. Ces éléments doivent apparaître clairement sur la facture de transport routier.

Pour certains transports internationaux fournis à un client non assujetti, seule la fraction du trajet réalisée en France peut être imposable. Lorsque son prix n’est pas individualisé, une ventilation peut notamment être effectuée en fonction des distances parcourues. Le transporteur doit alors pouvoir justifier les éléments retenus pour ce calcul.

Dans quel pays la TVA sur le transport de marchandises doit-elle être facturée ?

Pour un transporteur, la principale difficulté consiste souvent à déterminer si la TVA française doit être facturée.

Entre entreprises assujetties, la règle générale (article 259-1° du CGI) localise la prestation au lieu où le client est établi. Une méthode opérationnelle consiste à vérifier successivement :

  1. Le client agit-il en qualité d’assujetti ?
  2. Dans quel pays est-il établi ?
  3. La prestation relève-t-elle de la règle générale ?
  4. Existe-t-il une exonération particulière ?

Vous facturez un client professionnel établi en France

La prestation est imposable en France : sauf exonération, la facture comprend une TVA française de 20 %.

Exemple : un transporteur basé à Bordeaux facture à une entreprise française l’acheminement de palettes entre Bordeaux et Nantes. Il facture son prix HT, applique 20 % de TVA et détermine le montant TTC.

Vous facturez un client professionnel établi dans un autre pays de l’UE

La prestation n’est pas soumise à la TVA française. Le transporteur émet une facture HT et le client autoliquide la TVA dans son État. La facture doit notamment comporter la mention « Autoliquidation ».

Exemple : une société de transport française facture une entreprise allemande assujettie pour un transport réalisé entre Strasbourg et Lyon. Même si le trajet est entièrement français, la prestation relève de la règle générale B2B et est facturée sans TVA française.

Vous facturez un client professionnel établi hors de l’Union européenne

La prestation n’est pas soumise à la TVA française : le prestataire établit une facture sans TVA. Il doit conserver les éléments établissant la qualité d’assujetti du client et son lieu d’établissement.

Et si le client n’est pas assujetti à la TVA ?

Les règles changent lorsque le client est un particulier ou un autre non-assujetti (article 259 A du CGI). Pour un transport intracommunautaire de biens, c’est le lieu de départ du transport qui détermine le pays d’imposition. Pour les autres transports de biens fournis à un non-assujetti, la prestation est imposable en France à proportion des distances parcourues en France, selon les règles applicables. Ces opérations B2C doivent être analysées séparément des prestations B2B.

TVA sur un transport national, intracommunautaire ou international : les cas pratiques

Le tableau suivant résume les principaux cas rencontrés par un transporteur français. Il constitue un outil d’orientation : le traitement définitif dépend toujours des caractéristiques précises de l’opération.

ClientTraitement de principePoint de vigilance
Entreprise françaiseTVA française à 20 %Éventuelle exonération
Entreprise UE assujettieFacture HT + autoliquidationDES
Entreprise hors UE assujettieSans TVA françaiseJustifier le lieu du client
Transport lié à une exportationExonération possibleLien avec l’export et justificatifs
Transport lié à une importationExonération possibleInclusion dans la base d’importation

Dans quels cas le transport de marchandises peut-il être exonéré de TVA ?

Une prestation internationale n’est pas automatiquement exonérée. Lorsque l’opération est imposable en France, certaines exonérations concernent les transports directement liés à des exportations, à des importations ou à certains régimes douaniers.

Transport lié à une exportation hors UE, y compris le transport d’approche

Les prestations directement liées à l’exportation de marchandises hors de l’Union européenne peuvent être exonérées (article 262 du CGI). L’exonération couvre aussi le transport d’approche : l’acheminement vers un port, un aéroport ou une frontière d’où les marchandises quitteront l’Union, même si ce trajet reste entièrement en France ou dans l’UE.

Exemple : une entreprise française exporte des marchandises vers les États-Unis. Un transporteur routier les prend en charge à Lyon et les achemine jusqu’au port d’Anvers, où elles sont chargées sur un navire. Le trajet Lyon–Anvers peut être exonéré, à condition que le transporteur puisse démontrer son lien direct avec l’exportation finale.

Transport de marchandises lié à une importation

Certaines prestations liées à l’importation peuvent également être exonérées lorsque leur valeur est incluse dans la base de TVA à l’importation. C’est notamment le cas du coût du transport jusqu’au premier lieu de destination en France. La seule provenance étrangère des marchandises ne suffit pas à justifier l’exonération.

Transport sous régime douanier ou fiscal suspensif

Lorsque les marchandises sont placées, ou destinées à être placées, sous certains régimes douaniers, les prestations directement liées à ces régimes peuvent bénéficier d’une exonération ou d’une suspension de TVA. Leur traitement dépend du régime douanier effectivement utilisé et des pièces disponibles.

Quels justificatifs le transporteur doit-il conserver pour bénéficier d’une exonération ?

L’exonération doit pouvoir être justifiée en cas de contrôle. Selon l’opération, le transporteur conserve notamment :

  • la déclaration d’exportation et les documents douaniers ;
  • la lettre de voiture ou le CMR ;
  • les factures liées au transport ;
  • les documents commerciaux précisant la destination des marchandises ;
  • les attestations délivrées par le donneur d’ordre lorsque le dispositif l’exige ;
  • les documents propres aux prestations réalisées en sous-traitance.

Une simple déclaration du donneur d’ordre ou du transporteur principal n’est pas nécessairement suffisante. La gestion documentaire doit donc être pensée en même temps que la facturation, et les pièces archivées selon les durées de conservation des documents comptables.

Comment facturer correctement la TVA sur une prestation de transport ?

Une fois le traitement fiscal déterminé, la facture doit refléter clairement le régime appliqué.

Facture avec TVA française à 20 %

La facture fait apparaître notamment le prix HT, le taux de 20 %, le montant de TVA, le total TTC et les autres mentions obligatoires de facturation.

Facture HT avec autoliquidation pour un client professionnel européen

La facture est établie HT et comporte la mention « Autoliquidation », ainsi que le numéro de TVA intracommunautaire du client.

Facture sans TVA pour un client professionnel hors UE

La facture peut indiquer la mention « TVA non applicable – art. 259-1 du CGI ».

Quelle mention inscrire en cas d’exonération liée à une exportation ?

Une prestation exonérée ne doit pas être présentée comme soumise à un taux de 0 %. La facture doit mentionner le fondement de l’exonération, par exemple la disposition de l’article 262 du CGI applicable au transport lié à une exportation.

Transport intracommunautaire : faut-il déposer une DES ?

Oui, en principe. Lorsqu’un transporteur français facture HT avec autoliquidation un assujetti établi dans un autre État membre, il doit déposer une déclaration européenne de services (DES) pour ces opérations, dans les délais prévus par l’administration fiscale. Cette déclaration permet de rapprocher les prestations déclarées en France des opérations autoliquidées dans l’État du client.

L’absence de TVA sur la facture ne supprime donc pas l’obligation déclarative.

Quelle TVA en cas de sous-traitance d’un transport de marchandises ?

Le sous-traitant applique les règles de territorialité à sa propre prestation, c’est-à-dire à celle qu’il facture au transporteur principal. L’exonération dont bénéficie le transport global ne se transmet pas automatiquement à tous les intervenants : le sous-traitant doit pouvoir prouver, avec ses propres justificatifs, que sa prestation relève bien de l’exonération.

Un transporteur peut-il récupérer la TVA sur ses dépenses ?

Une entreprise assujettie peut déduire la TVA supportée sur les dépenses utilisées pour réaliser des opérations ouvrant droit à déduction, sous réserve des conditions prévues. Pour une société de transport, cela concerne notamment :

  • l’achat des véhicules utilitaires et poids lourds ;
  • l’entretien et les réparations ;
  • le carburant ;
  • les prestations facturées par des fournisseurs ou des sous-traitants.

Les véhicules de tourisme ou à usage mixte relèvent de règles restrictives. Pour le carburant, la TVA sur le gazole des véhicules utilitaires et des poids lourds est en principe entièrement déductible. Les transporteurs routiers de marchandises peuvent également, pour les véhicules éligibles et sous certaines conditions, obtenir un remboursement partiel de l’accise sur le gazole (ex-TICPE).

La TVA déductible vient diminuer la TVA collectée ; lorsqu’elle est supérieure, l’entreprise constate un crédit de TVA. Son enregistrement dans les comptes 44562 et 44566 est détaillé dans notre guide de la comptabilité d’une société de transport.

En résumé

La TVA applicable au transport de marchandises repose sur plusieurs paramètres : statut du client, lieu d’établissement, territorialité de la prestation et éventuelle exonération. Une procédure de contrôle avant facturation permet de sécuriser le taux appliqué, la territorialité de la prestation, les éventuelles exonérations, les mentions de facture et les obligations déclaratives.

Lorsque les opérations impliquent plusieurs pays, de la sous-traitance ou des régimes douaniers particuliers, l’accompagnement d’un expert-comptable spécialisé dans le transport de marchandises aide à fiabiliser le traitement retenu.

FAQ sur la TVA du transport de marchandises

Le taux de 10 % s’applique-t-il au transport de marchandises ?

Non. Le taux de 10 % concerne le transport de voyageurs. Le transport de marchandises imposable en France relève du taux normal de 20 %.

Que faire si mon client européen n’a pas de numéro de TVA valide ?

Le numéro de TVA intracommunautaire est la principale preuve de la qualité d’assujetti du client. Sans numéro valide ni autre élément probant, la prestation risque d’être traitée comme fournie à un non-assujetti. Vérifiez le numéro sur le service VIES de la Commission européenne avant de facturer HT.

Quand la TVA sur un transport facturé en France doit-elle être reversée ?

Pour une prestation de services imposable en France, la TVA est en principe exigible à l’encaissement du prix, sauf option pour les débits. Les règles sont détaillées dans notre article sur la TVA sur les encaissements.

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